Vies des Saints

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14 Décembre
  

Sainte Odile

Abbesse
(† 720)

Sainte Odile
Sainte Odile

Odile naquit à Obernai, où devait naître le 1er juin 1827. Charles-Emile Freppel, une des gloires de l'Alsace. Le père d'Odile, Adalric, barbare à demi converti, était duc souverain d'Alsace. Sa mère, nièce de saint Léger, évêque d'Autun, s'appelait Bereswinde.

La naissance d'Odile fut suivie d'une amère déception: car elle naissait aveugle. Le duc, croyant que cette infirmité était une punition de ses crimes, ordonna de faire disparaître l'enfant. La mère, pour sauver sa fille, la confia secrètement à une servante dévoué qui l'éleva dans un monastère appelé Palma, actuellement Baume-les-Dames.

L'enfant grandit jusqu'à l'âge de douze ans sans qu'on eût songé à la baptiser. Une nuit; saint Ehrard, évêque de Ratisbonne, eut une vision.  Lève-toi, lui dit le Seigneur, pars pour le monastère de Palma: tu y trouveras une jeune fille aveugle de naissance. Prends-la et baptise-la au nom de la Sainte Trinité. Impose-lui le nom d'Odile, et aussitôt baptisée, elle recouvrera la vue.' L'évêque obéit. Après avoir répandu sur elle l'eau sainte, il fit ensuite sur ses yeux l'onction du Saint-Chrême, en disant: Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que ton corps voie comme ton âme! ' Au même moment il se produisit le même prodige que celui arrivé à Saul lorsqu'il fut baptisé par Ananie; les yeux d'Odile se dessillèrent. Ehrard bénit alors un voile, en couvrit la tête d'Odile et la consacra au Seigneur.

On se hâta de porter cette bonne nouvelle à Adalric. Celui-ci ne s'en préoccupa pas autrement, et son fils Hugues, ayant cru devoir intercéder en faveur du rappel de sa sœur, fut durement reçu.  Persuadé que son la vu de sa propre fille toucherait infailliblement le cœur du père Hugues prit sur lui de la rappeler. Dès qu'Adalric apprit son retour, il se laissa aller à son caractère violent: non content d'adresser des reproches au jeune homme il lui asséna un grand coup de bâton sur la tête, et le tua. Sitôt ce meurtre consommé, le malheureux père fut saisi d'un profond remords. Odile en recueillit le bénéfice: il fit a sa fille le plus fervent accueil et lui rendit sa place au foyer et dans son affection.

Odile ne tarda point à révéler à son père son désir d'entrer dans un monastère. Adalric y consentit; et, pour réparer ses crimes passés il lui fit donation de l'ancienne forteresse et de la montagne de Hohembourg, près d'Obernai. Odile s'y installa en 680; et bientôt elle eut cent trente religieuses sous sa direction. Elle leur donna une règle qui tenait compte de la rigueur du climat et de leur isolement encore accru par le manque d'eau et la difficulté d'accès.

La charité de l'abbesse s'étendait sur tout le pays; et on venait à elle de toute la région. Un jour elle rencontra sur le flanc de la montagne un pauvre lépreux mourant de soif. Imitant le geste de Moise à Oreb, Odile frappa de son bâton le rocher voisin; et aussitôt il en sortit une eau abondante. Cette source porte encore aujourd'hui le nom de Sainte-Odile.

L'Abbesse de Hohembourg sentant sa fin approcher fit ses dernières recommandations à ses sœurs; puis demanda le vase sacré qui contenait le saint Viatique, se communia elle-même et, aussitôt après rendit le dernier soupir.

J.-M. Planchet, Nouvelle Vie des Saints, 2e éd. Paris, 1946