Vies des Saints

Nos modèles et nos protecteurs

23 Août
  

Saint Philippe Benizi

Religieux Servite
(† 1285)

Saint Philippe Benizi
Saint Philippe Benizi

Saint Philippe Benizi était originaire d'une des plus nobles familles de Florence. À peine âgé d'un an, il s'écria, à la vue de quelques frères Servites: "Ce sont là les serviteurs de la Vierge Marie!"

Tout lui souriait: après ses brillantes études de médecine, un bel avenir s'ouvrait devant lui; mais la grâce l'appelait à de plus grandes choses, et il entra dans l'Ordre des Servites. Il y fut reçu comme frère convers, grâce à son humilité, qui lui fit déguiser ses talents; mais son mérite, bientôt découvert, ne tarda pas à changer les sentiments de ses supérieurs.

Au jour de sa première Messe, toute l'assemblée entendit distinctement des voix célestes chanter: Sanctus, Sanctus, Sanctus... Après avoir passé par toutes les dignités secondaires, il fut élu à l'unanimité supérieur général de son Ordre.

Sous sa direction, l'Ordre des Servites, encore peu répandu, prit bien vite un développement extraordinaire. À la mort du pape Clément IV, les suffrages des cardinaux se portèrent sur l'humble religieux, et il n'échappa à cet honneur suprême qu'en prenant la fuite dans les montagnes. Là il attendit l'élection du Pape en se livrant à tous les exercices de la vie la plus austère. Le jeûne était sa nourriture, les veilles son soulagement et son repos, l'entretien avec Dieu sa récréation et son divertissement. Il ne mangeait point de pain, mais seulement des herbes sauvages, et ne buvait que de l'eau; encore lui manqua-t-elle bientôt. La Providence vint alors à son secours, car il frappa trois fois la terre de son bâton, et il en sortit une fontaine abondante, devenue depuis doublement miraculeuse par les guérisons qui s'y sont opérées.

Au sortir de sa retraite profonde, Philippe, sous l'inspiration de Dieu, parcourut les pays d'Europe, y fondant des établissements de Servites et laissant sous ses pas la trace d'innombrables merveilles. Parmi ses miracles, on signale le suivant: Un jour un pauvre lépreux vint lui demander l'aumône: "Je n'ai ni or ni argent, lui dit-il, mais ce que j'ai je vous le donne." Et à l'instant, quittant son manteau, il en vêtit le pauvre lépreux, qui fut aussitôt guéri.

Les travaux et les pénitences avaient usé avant l'âge le corps de Philippe. C'est à son monastère de Todi qu'il alla mourir. En y arrivant: "C'est ici le lieu de mon repos à jamais," dit-il. Le lendemain, fête de l'Assomption, la fièvre le prit; huit jours après, il mourut en demandant son Crucifix.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950