Vies des Saints

Nos modèles et nos protecteurs

16 Janvier
  2 Janvier

Bse Stéphanie Quinzani

Vierge du Tiers-Ordre de Saint-Dominique
(1457-1530)

Bse Stéphanie Quinzani
Bse Stéphanie Quinzani

Cette fille de saint Dominique naquit le 5 février 1457, à Orzinovi, petit village situé près de Brescia, en Italie. Son père, Lorenzo Quinzani alla bientôt s'établir à Soncino pour se mettre sous la conduite du dominicain Mathieu Carreri, célèbre maître de la vie intérieure. Celui-ci avait remarqué la petite Stéphanie et prédit à la jeune enfant qu'elle serait son héritière. L'enfant ne comprit rien à ces paroles, mais, quelques années plus tard, quand le bienheureux Matthieu mourut, la Sainte se sentit frappée au coeur d'une blessure très douloureuse. Au même instant, le défunt lui apparut et lui apprit que cette blessure était l'héritage qu'il lui avait promis.

La souffrance devait être le partage de la bienheureuse Stéphanie; elle était destinée par Dieu à prendre rang parmi ces âmes privilégiées que Sa divine sagesse conduit hors des voies communes et élève par des moyens extraordinaires jusqu'aux plus hauts sommets de la vie mystique.

Chez la bienheureuse, la grâce prévint la nature. A l'âge de sept ans, elle fit voeu de pauvreté, de virginité et d'obéissance. Notre-Seigneur voulut aussitôt lui montrer combien sa générosité Lui avait été agréable. Il lui apparut accompagné de Sa Très Sainte Mère, et de plusieurs autres Saints et lui donna le titre d'épouse et comme gage de cette alliance, lui remit un anneau précieux. Vers l'âge de dix à onze ans, elle sentit un vif attrait pour la souffrance. Elle comprit qu'elle devait suivre le Christ, son Époux, sur le chemin du Calvaire. Aussi se mit-elle à pratiquer une rigoureuse mortification. Les épreuves ne lui furent pas épargnées et le démon lui suscita de terribles tentations contre la sainte vertu. Pour en triompher, la jeune fille eut recours à un remède énergique: elle se précipita avec un courage intrépide dans un amas d'épines et s'y roula jusqu'à ce que la douleur eût calmé les efforts de la tentation.

A l'âge de quinze ans, un Vendredi-Saint, alors qu'elle méditait avec larmes sur les souffrances de son Sauveur, elle reçut de Jésus-Christ l'impression des sacrés stigmates et Il lui déclara que désormais elle aurait part à toutes Ses douleurs et que dans chacun de ses membres elle porterait une partie de ce que Lui-même avait souffert. A partir de ce moment, chaque semaine, le vendredi, elle semblait reproduire dans son corps et dans son âme les mystères de la sanglante Passion. On la voyait dans une sorte d'agonie pendant laquelle il lui sortait de tous les pores une sueur mêlée de sang. Puis on eût dit qu'on la déchirait de coups de fouet. Enfin, sa tête portait comme l'empreinte du couronnement d'épines. A ces souffrances corporelles venaient s'ajouter d'indicibles angoisses morales. Pendant quarante ans, la Bienheureuse dut passer à travers des ténèbres, des sécheresses, des impuissances et des délaissements terribles. Et ce martyre de l'âme était si effroyable qu'elle eût succombé sous la rigueur des épreuves, si des faveurs extraordinaires n'étaient venues la soutenir.

Selon son plus grand désir et la promesse qu'elle avait faite en son jeune âge, elle revêtit l'habit du Tiers-Ordre de Saint-Dominique. Elle établit un monastère à Soncino et entreprit de bâtir un couvent sous le vocable de saint Paul. Dieu lui vint en aide, et, dès l'année 1519, une trentaine de jeunes filles des plus nobles familles y travaillaient sous sa direction à acquérir la perfection religieuse.

Elle mourut le 2 janvier 1530 à l'âge de soixante-treize ans en prononçant les paroles du Divin Crucifié dont elle avait été la fidèle imitatrice: "Seigneur, je remets mon âme entre Vos mains."

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